De son sang, Capucine Delattre : Mon avis

Delattre Capucine - Éditions : La Ville Brûle
6 Commentaires

Le pitch ?

Malgré les efforts, malgré les années, malgré un divorce et une volonté inépuisable, Sabine n’a jamais aimé son enfant. Téo passe un week-end sur deux chez elle, et c’est encore trop.

Le désamour maternel peut-il exister ? Peut-il être dit, assumé, sans jugement, sans peur et sans remord ?

Sabine n’a pas honte du malaise ressenti lorsqu’elle est avec son fils. Elle ne craint pas le regard de l’autre en avouant son comportement. Plus que tout, c’est la cohabitation forcée avec cet inconnu qu’elle redoute.

Alors doit-elle se sentir coupable, quand, par hasard, une complicité immédiate naît entre elle et le fils de sa collègue ?

 

Les points forts du livre

  • un texte qui dérange : qu’on se le dise, Capucine Delattre tape là où ça fait mal ! Sous des faux-airs de provocatrice, son héroïne confesse le pire. Faute d’amour, elle ne veut plus s’occuper de son fils Téo, et subir l’angoisse qui en découle. Par le portrait de cette femme à contre-courant, l’écrivaine choque et interpelle. Pour ses collègues, amis ou ex-mari, Sabine est froide, cruelle ou sans empathie.
  • un récit qui monte en puissance : après la description de la relation anxiogène entre Sabine et son fils, l’autrice raconte l’amour entre la narratrice et le fils de sa collègue. Doucement, insidieusement, le monstre se déploie, laissant imaginer un drame… Au-delà du ton jubilatoire et accrocheur, j’ai aimé la parole féministe, engagée et contemporaine de Capucine Delattre, à travers le comportement de Sabine.

 

En bref, un excellent roman sur la question de la parentalité et du désir d’enfant. Je me suis reconnue dans les questions posées par le livre. Il amène un point de vue intéressant et audacieux.

 

 

Mots-clés : maternité, enfant, parentalité, éducation, non-désir d’enfant, désamour, féminisme

Une citation : « Les monstres, aussi haïs soient-ils, ont au moins le réconfort de se savoir en parfait accord avec la façon dont ils sont perçus, et la chance de pouvoir vivre sans injonction à changer ni crainte de se voir un jour plus détestés qu’ils ne le sont déjà. Il y a un grand repos à être une cause perdue. »

Quelques mots sur l’autrice : Capucine Delattre est une écrivaine et éditrice française, née en 2000. Son premier roman, Les déviantes, est paru aux éditions Belfond en 2020. De son sang est son troisième ouvrage.

À lire aussi : par certains aspects, l’héroïne du roman de Capucine Delattre m’a rappelé celles de Maud Ventura dans ses ouvrages Mon mari et Célèbre.

 

____________

Ce roman vous tente ?

____________

Commentaires (3)
Sophia 2026-03-24 07:20:52 Répondre

Il y a une coquille: le fils de Sabine s’appelle Téo sans H et non Samuel

Répondre




mademoisellelit 2026-03-25 09:44:09 Répondre

Bonjour Sophia,
J'ai en effet mélangé les prénoms des deux enfants. Je viens de corriger mon article. Merci pour cette précision. J'espère que le livre vous a plu.

Répondre




Amandine 2025-01-31 13:21:52 Répondre

Coucou Maïté
Je suis ressortie de ce livre à la fois touchée, rincée et bouleversée ! La plume de l'autrice m'a embarquée et j'avoue que je ne m'attendais pas à ça (je le dis en bien) ! J'ai trouvé ce récit vraiment impactant, et j'ai vraiment trouvé intéressant cette tournure de ce sujet qui me paraît encore tabou aujourd'hui ...
Merci d'avoir présenté ce livre !!

Répondre




mademoisellelit 2025-02-03 09:17:20 Répondre

Merci à toi Amandine pour ta confiance et le temps pris à me faire ce retour. Je ne sais pas si tu avais lu le premier roman de l'autrice ? Je me le réserve pour ce mois-ci.

Répondre




Pascale 2025-01-31 09:10:46 Répondre

Intrigant ce thème rarement abordé. Je note !

Répondre




mademoisellelit 2025-02-03 09:18:23 Répondre

Oui... Il fallait oser. ;)

Répondre





Ajouter un commentaire