Le meurtre de Louise Adams, Laura Carrère : Mon avis
Quatrième de couverture :
Mariée et mère de deux enfants, Anne Leroy ne s’est jamais remise de l’arrestation de son père en 1984, l’année de ses dix ans. Alors que la famille menait une vie rangée dans la campagne normande, à quelques kilomètres d’Omaha Beach, Jacques Leroy a été condamné à quinze ans de prison pour le meurtre de Louise Adams, l’épouse d’un général américain venu assister au quarantième anniversaire du Débarquement. Trente ans après le drame, Anne est en vacances sur les lieux de son enfance, lorsqu’un incident rouvre ses blessures et la pousse à mener une enquête sur les origines du crime de son père. Mais les témoins se montrent réticents, et la parole peine à se libérer. Et si les racines de cette tragédie étaient plus anciennes ? Anne va devoir démêler les fils d’une histoire familiale tourmentée qui la ramènera aux temps troublés de l’Occupation allemande.
Sur les traces du passé…
Un titre digne de l’univers d’Agatha Christie, une grande demeure tête à l’envers sur la couverture, le livre n’est pas encore ouvert mais le décor est planté. Après un recueil de nouvelles sorti en 2014, Laura Carrère publie Le meurtre de Louise Adams (en librairie le 9 mars 2022), son premier roman, aux éditions du Rocher.
Venue passer un week-end en famille dans le village de son enfance, Anne provoque un incident grave, amenant son mari à prendre la fuite avec ses deux enfants. Sur les traces du passé, Anne se souvient soudain de l’arrestation de son père, en 1984, pour le meurtre d’une jeune Américaine de passage sur la côte normande. Depuis, sa famille a volé en éclat, Anne a grandi, et n’a jamais pu délier les nœuds de cette affaire criminelle. Anéantie par le départ précipité de ses proches, la jeune femme décide de rester en Normandie pour remonter le fil des années…
« Je pense toujours à mon père quand je retourne en Normandie. Antoine, mon mari, s’assombrit chaque fois que je propose d’y aller. Il sait d’expérience dans quelle torpeur inquiète me plongent mes souvenirs. Il redoute les crises d’angoisse et les nuits sans sommeil. La compassion qu’il ressentait à me voir dans cet état s’est muée au fil des années en lassitude. Mais il ne proteste pas, il est résigné. »
Si le début du roman laisse d’abord deviner un thriller psychologique, la narratrice se munit ensuite de son chapeau d’enquêtrice et nous guide vers un récit policier. Alternant le passé et le présent de son héroïne déchue, Laura Carrère déploie un texte prenant, digne des plus grands page turner. L’autrice réunit les meilleurs ingrédients, délivrant un ouvrage percutant. Elle manie le suspens, glisse des cliffhanger à chaque fin de chapitre et dresse le portrait de protagonistes abîmés, en quête de reconstruction, et très attachants.
Loin d’être la spécialiste du genre, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire Le meutre de Louise Adams et me prendre au jeu du polar. J’ai été surprise par les révélations finales et ne m’attendais pas à autant de rebondissements. L’écrivaine propose un scénario creusé, sans clichés, et, nous le découvrons à la fin, pleins d’émotion.
Au-delà de « l’enquête », Laura Carrère réussit un premier roman addictif et touchant, dont on aimerait voir paraître une suite, histoire de retrouver ces héros. Amateurs des policiers ou non, Le meurtre de Louise Adams vous attend en librairie.