Bakhita – Véronique Olmi
Note : 10/10
Quatrième de couverture :
Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.
Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.
Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.
« On lui a demandé souvent de raconter sa vie, et elle l’a racontée encore et encore, depuis le début. C’est le début qui les intéressait, si terrible. Avec son mélange, elle leur a raconté, et c’est comme ça que sa mémoire est revenue. »
Mon avis :
J’ai lu Bakhita de Véronique Olmi dans le cadre de ma participation au jury du Grand Prix de L’héroïne 2018, organisé par le magazine Madame Figaro. Je remercie les éditions Albin Michel et Madame Figaro.
J’avais envie de lire ce livre depuis sa sortie, la critique est unanime à son sujet et le roman a déjà reçu plusieurs prix. J’avais hâte de pouvoir en faire mon propre avis… Conclusion : le roman de Véronique Olmi m’a totalement bouleversé et il me restera marqué à vie, j’en suis sûre !
C’est un énorme coup de cœur pour moi et je ne pense pas relire un livre aussi fort un jour. J’ai été totalement emportée dès les premières lignes par cette petite soudanaise du 20ème siècle au destin tragique. Bakhita est enlevée à l’âge de 7 ans et sera esclave pendant de nombreuses années. Sa vie va basculer lorsqu’elle est rachetée par un maître italien, et que grâce à sa force et à sa volonté, elle va devenir religieuse. La première partie du récit est dédiée à ses années d’esclavage et la deuxième moitié, à sa vie dans les ordres en Italie.
Je dois avouer que les paragraphes sur l’esclavage sont très durs à lire, à tel point qu’il m’arrivait de faire des pauses dans ma lecture car j’en avais parfois la nausée. Les mots peuvent être crus, poignants mais ils reflètent la triste réalité de ce qu’a vécu Bakhita. L’auteure a choisi un thème très fort et pas assez abordé en littérature à mon sens. Ce genre de roman est nécessaire pour ne pas oublier.
La partie sur la vie de Bakhita en Italie est très émouvante, notamment lorsqu’elle devient religieuse comme elle le souhaite après plusieurs années passées dans un couvent. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser quelques larmes à la fin tellement cette femme est remarquable. J’ai adoré le style d’écriture si particuliers de Véronique Olmi. Elle a une vraie signature selon moi et j’ai maintenant envie d’en découvrir plus sur ses ouvrages.
Vous l’avez compris, je ne sors pas indemne de cette lecture. Bakhita est un chef d’oeuvre que tout le monde devrait lire !